Photographe, le plus beau métier du monde !
 
 
Accueil | Pages techniques
 
 
Le tirage par agrandissement
 
Le contraste de l'image du négatif
 
 

Après avoir essayé de préciser la notion de contraste à la prise de vue, puis au développement du négatif, tentons la même expérience au niveau du tirage, troisième et dernière grande étape du processus photographique. Nous entendons par image du négatif, celle projetée sur le plateau de l'agrandisseur pareillement à l'image du sujet projetée au fond de la chambre photographique.


Définition

De même que pour l'image du sujet, on définit le contraste de l'image du négatif par le rapport des luminations extrêmes. Cette fois, la lumination la plus forte correspond aux ombres et la plus faible, aux hautes lumières. Mais on préfère généralement utiliser les valeurs logarithmiques de sorte que le rapport s'exprime par la relation équivalente : log H ombres - log H hautes lumières.

Dans le cas d'un tirage par contact, le contraste de l'image du négatif est égal au contraste du négatif. Nous allons voir qu'il n'en est pas toujours ainsi lors d'un tirage par projection où le contraste de l'image du négatif subit les actions conjuguées de deux facteurs : le flare et l'effet Callier.


Le flare

Nous avons déjà parlé du flare à la prise de vue, lumination parasite ayant surtout une influence sur les faibles luminations c'est-à-dire sur les ombres. Au tirage, il n'est pas possible non plus de supprimer toutes les réflexions. Le flare, là aussi, a un effet maximum sur les faibles luminations qui, au niveau de l'émulsion positive, répétons-le, correspondent aux hautes lumières.

Pour bien comprendre cet effet, retenons que le flare tend à niveler les luminations les plus faibles. Ceci ayant pour conséquence une perte de détails dans les ombres à la prise de vue et dans les hautes lumières au tirage et – aussi bien pour l'image du sujet que pour celle du négatif – une réduction plus ou moins grande du contraste.


L'effet Callier

Comme un verre dépoli, le négatif est un milieu diffusant, mais évidemment à un degré moindre. Ce sont précisément les dépôts d'argent et surtout ceux des zones les plus denses du négatif qui diffusent une partie de la lumière. Ainsi, lorsque l'on effectue un tirage par projection, cette lumière diffusée se soustrait essentiellement aux faibles luminations des hautes lumières.

Cet effet étudié par A. Callier entraîne donc, inversement au flare, une augmentation du contraste de l'image du négatif. Notons que l'effet Callier est plus important avec les films à forte granulation et qu'il ne se manifeste pas en tirage couleur où les densités du négatif correspondent à des colorants.


Contrôle du contraste de l'image du négatif

Tous les spécialistes du tirage savent que les effets de flare et Callier se manifestent plus ou moins selon le dispositif d'éclairage de l'agrandisseur. Le tireur peut donc intervenir sur le contraste de l'image du négatif en choisissant son système d'éclairage. Le tableau 1 nous donne une idée du sens de la variation des effets de flare et Callier en fonction de trois systèmes d'éclairage pouvant être employés au tirage ainsi que la conséquence de ces deux effets conjugués sur le contraste de l'image du négatif.

 
Système d'éclairage
Flare
Effet Callier
Conséquence des deux
effets sur le contraste
Eclairage dirigé
+
+++
Augmentation
Eclairage semi-dirigé
++
++
Eclairage diffus
+++
+
Réduction
 
Tableau 1 : Influence du système d'éclairage de l'agrandisseur sur les effets flare et Callier. Effet minimum (+), effet moyen (++), effet maximum (+++).
 

En éclairage semi-dirigé où l'augmentation de contraste due à l'effet Callier compense en quelque sorte la réduction entraînée par le flare, l'influence globale des deux effets sur le contraste de l'image du négatif est négligeable pour la majorité des clichés. C'est une des raisons pour laquelle, dans la pratique du tirage, cette méthode d'éclairage est couramment utilisée.

Indépendamment du choix du système d'éclairage de l'agrandisseur, notons enfin qu'il existe d'autres techniques permettant de modifier le contraste de l'image du négatif, dont certaines bien connues des photographes : maquillage, lumination auxiliaire, utilisation de masques.

 
 
A suivre :

Le contraste du positif
 
 
Copyright © Claude Bouchot