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Détermination de la lumination à la prise de vue
 
La composition spectrale de la lumière réfléchie par le sujet
 
 

Il est indispensable de l'ajuster le plus parfaitement possible à la sensibilité spectrale (1) du film employé. La maîtrise de cette variable demande, selon les circonstances, une correction plus ou moins grande de la lumination.

En photographie noir et blanc, un film panchromatique grandement chromatisé au rouge par exemple, montre une sensibilité générale accrue lorsqu'on l'expose en lumière tungstène riche en radiations rouges. D'où l'obligation dans ce cas, de diminuer l'exposition comme le précise en général la fiche technique du film.

En photographie couleur, la négligence de ce paramètre entraîne des défauts (dominantes) dans la restitution des couleurs et n'est donc pas tolérée. Reprenant l'exemple de la lumière tungstène, voyons quels sont les moyens permettant de contrecarrer l'influence des radiations rouges superflues.

Tout d'abord, on peut réduire intentionnellement la sensibilité de la couche d'émulsion enregistrant les radiations rouges (2), bref étudier les sensibilités relatives des trois couches d'émulsion en fonction de la composition spectrale de la lumière réfléchie par le sujet (figure 1). Ceci est l'œuvre du fabricant de surfaces sensibles qui propose (proposait) jusqu'à trois types de film : A, B et « lumière du jour » (3).

 
 
Figure 1 : Courbes de sensibilité spectrale pour un spectre d'énergie équilibrée des films Agfachrome 50 S (lumière du jour, 5500 K) et Agfachrome 50 L (lumière tungstène, 3100 K). Nous avons en abscisse la longueur d'onde (nanomètres) et en ordonnée, la sensibilité relative (valeurs logarithmiques). Notons par ailleurs que le film Agfachrome S est conçu pour des temps d'exposition courts (S = short) et le film Agfachrome L pour des temps d'exposition longs (L = long).
 
On peut aussi éliminer les radiations surabondantes en filtrant judicieusement la lumière. Cela fait partie des tâches habituelles du photographe qui, là encore, intervient – d'une façon sélective – sur la quantité de lumière pénétrant dans l'appareil photographique. Mais en corrigeant ainsi la composition spectrale (qualité) de la lumière réfléchie par le sujet, l'opérateur – travaillant avec un posemètre indépendant – doit considérer le coefficient d'extinction du filtre utilisé et augmenter la lumination en conséquence. En mesure TTL par contre, on sait que la présence de filtres à l'avant de l'objectif est prise automatiquement en compte.
 
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1. On parle couramment aussi de sensibilité chromatique bien que cette expression soit considérée comme impropre par le Lexique Photo-Cinéma du Conseil International de la Langue Française, 1972.
2. Pour mémoire, un film couleur est constitué en gros de trois émulsions superposées, sensibles respectivement aux radiations bleues, vertes et rouges.
3. Les films de type A sont équilibrés pour une température de couleur de 3400 K, les films de type B (ou T ou tungsten) pour 3100 - 3200 K et les films de type D (ou daylight ou lumière du jour) pour 5500 - 5900 K.
 
 
Copyright © Claude Bouchot