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Traitement du négatif
 
Le contraste du négatif
 
 

La surveillance à la prise de vue du contraste du sujet est la condition permettant de poursuivre ce contrôle au moment du développement du négatif. C'est en fonction de cette valeur de contraste – éventuellement corrigée – que le photographe, dans son laboratoire, précise les conditions de développement du négatif. A cette étape du processus photographique, il détient alors la maîtrise totale du contraste, en d'autres termes, la garantie de l'obtention de tirages de qualité technique maximum sans la moindre difficulté. Cette affirmation suppose toutefois que les autres aspects de la qualité technique soient également dominés.

Comme le sujet et son image, le négatif se caractérise donc aussi par son contraste. Après avoir défini rapidement ce dernier et étudié la manière de le déterminer, nous dirons quelques mots – dans une nouvelle page – des avantages et de la mise en pratique et de son contrôle.


Définition du contraste du négatif

Dans l'image argentique dévoilée par le traitement du film, nous pouvons reconnaître les plages des hautes lumières et des ombres choisies à la prise de vue. Ces plages se caractérisent par des densités extrêmes (mais non minimum et maximum) dans lesquelles nous devons discerner des détails (des nuances). Le contraste du négatif est tout simplement égal à la différence entre ces deux densités extrêmes. Supposons par exemple une densité de 1,10 pour les hautes lumières et de 0,20 pour les ombres, la différence 0,90 représente le contraste du négatif.


Détermination du contraste du négatif

Lorsque l'on dispose d'un densitomètre (ou photomètre), appareil destiné à mesurer les densités photographiques, il est très facile de mesurer avec précision les densités extrêmes du négatif et ainsi, d'en déterminer le contraste. Cependant, généralement l'achat de cet instrument très coûteux n'est pas justifié et les photographes déterminent le contraste de leurs négatifs d'une autre manière, certes approximative, mais suffisamment précise pour les travaux courants. Pour cela, l'opérateur s'appuie sur quelques éléments de sensitométrie et notamment sur la relation tg alpha = contraste du négatif / contraste de l'image du sujet. Il peut ainsi déterminer, certes approximativement, le contraste du négatif qui est égal au contraste de l'image du sujet x tg alpha (figure 1).

 
 
Figure 1 : Le contraste du négatif est égal au contraste de l'image du sujet x tg alpha.
 

Le CCD, un élément important

Nous pouvons dire que tg alpha est un coefficient de contraste de développement (CCD) puisque, appliqué au contraste de l'image du sujet, il nous donne le contraste du négatif. Or, le CCD a la particularité de varier en fonction du temps développement. Nous l'observons sur les courbes CCD / temps de développement établies par les fabricants de surfaces sensibles (voir exemple, figure 2), plus le temps est prolongé, plus le CCD tend vers un maximum (CCD infini).

 
 
Figure 2 : Courbe CCD / temps pour le développement du FP 4 dans 2 révélateurs différents (Ilford). En ordonnée, nous avons le CCD et en abscisse, le temps en minutes. Plus le temps est prolongé, plus le CCD tend vers un maximum.
 
Ce qui revient à dire que la pente de la courbe caractéristique (considérons toujours la partie médiale de la courbe) des émulsions négatives a la possibilité d'évoluer librement – jusqu'au CCD infini – avec le temps de développement choisi (figure 3).
 
 
Figure 3 : La pente de la courbe caractéristique évolue avec le temps de développement.
 

Pour un contraste donné de l'image du sujet, l'opérateur peut donc déterminer, même avant traitement, le contraste du négatif dès qu'il a choisi son CCD. Par exemple, dans des conditions moyennes – lorsque le contraste de l'image du sujet est de 1,50 et le CCD de 0,60 – le contraste du négatif égal 1,50 x 0,60 = 0,90. Une condition importante est néanmoins sous-entendue, l'exposition du film doit être correcte, c'est-à-dire que l'étendue des luminations de l'image du sujet doit s'inscrire dans la zone centrale de la courbe caractéristique. Cela dit, les temps de développement préconisés par les fabricants de films sont prévus pour des conditions de développement moyennes et en l'occurrence pour un CCD normal de 0,55 à 0,65.


Pourquoi un CCD inférieur à 1 ?

Si le CCD égal 1, le contraste du négatif est le même que celui de l'image du sujet. Si le CCD est < 1, le contraste du négatif est inférieur à celui de l'image du sujet. Le négatif étant un intermédiaire, il n'est pas nécessaire d'appliquer un CCD de 1. Au contraire, lorsque le CCD est inférieur à 1, la pente de la courbe caractéristique est plus faible et de ce fait, on bénéficie d'un plus grand intervalle des luminations (plus grand contraste de l'image du sujet) susceptible d'être enregistré dans la zone d'exposition correcte. C'est la raison pour laquelle les films négatifs sont développés habituellement à un CCD inférieur à 1 (entre 0,50 et 0,90).


Détermination et dénominations possibles du CCD

Les courbes caractéristiques considérées dans les illustrations précédentes ont une partie centrale parfaitement rectiligne et deux parties extrêmes curvilignes réduites au maximum. Ces émulsions dites orthophotiques sont essentiellement utilisées pour la duplication et le CCD tel que nous l'avons déterminé est appelé communément gamma. Tout le monde est à peu près d'accord pour réserver l'emploi de ce terme gamma à l'expression de la pente de la seule portion parfaitement rectiligne de la courbe caractéristique de ces émulsions.

Par contre, les courbes caractéristiques des émulsions photographiques d'usage courant révèlent une partie rectiligne très réduite et souvent inexistante. Ces émulsions anorthophotiques – on les appelle ainsi – présentent une courbe au pied très étendu, convenant bien à la prise de vue en studio. En effet, dans cette portion curviligne inférieure de la courbe, la séparation de tons se distingue progressivement avec l'augmentation de la pente, les détails dans les ombres apparaissent. En fait, la recherche d'expositions minima (pratique habituelle) entraîne l'exploitation d'une très grande partie de la zone du pied de la courbe caractéristique. Aussi, pour ces émulsions d'usage courant, le gamma ne peut pas être une valeur représentative de la pente de la portion de courbe utilisée.

On a par conséquent été amené à considérer la pente de la corde joignant deux points donnés de la courbe caractéristique, ces deux points correspondant respectivement, de gauche à droite, aux luminations des ombres et des hautes lumières de l'image d'un sujet moyen (figure 4).

 
 
Figure 4 : Détermination du CCD sur une courbe caractéristique d'émulsion anorthophotique. La pente du segment de droite tracé se détermine de façon habituelle (tg alpha).
 
Notons que selon les fabricants de films, le CCD peut prendre diverses dénominations. Ainsi, Kodak parle d'indice de contraste (Contrast Index ou CI), Ilford-Lumière, de G barre et Agfa, de valeur bêta. Il est bon de savoir aussi que le terme gamma est quelquefois utilisé improprement pour exprimer la pente de la courbe caractéristique des émulsions anorthophotiques. Enfin, signalons une dernière petite querelle de terminologie : plusieurs auteurs emploient le terme « contraste » pour désigner ce qui n'est que le CCD – disons une de ses différentes dénominations – et comme les valeurs de contraste du négatif et de CCD peuvent être du même ordre (par exemple 0,70), ceci ne manque pas de créer des confusions ! Rappelons que le CCD n'est qu'un élément indicatif du contraste du négatif au même titre que l'est le contraste de l'image du sujet.
 
 
A suivre :

Intérêt du contrôle du contraste au développement
 
 
Copyright © Claude Bouchot