Notions de sensitométrie
 
Contrôle du contraste en photographie
 
 

Pour bon nombre de photographes, le contraste en photographie semble être une notion vague et presque exsangue. De surcroît, une notion sans définition officielle dont les interprétations variables déroutent ceux qui cherchent à s'en faire une idée exacte ! Mais heureusement... une notion qu'il est possible, en définitive, de cerner, d'évaluer et qui peut entrer dans une théorie scientifique. C'est, entre autres, ce que nous tentons de démontrer au fil de ces pages techniques. A partir donc d'un raisonnement à la lumière des principes de la sensitométrie, il s'avère finalement que le contrôle du contraste en photographie est fondamental !


Définition du contraste

Pour définir le contraste du sujet et de son image aussi bien que le contraste du négatif et de son image ou celui de l'épreuve, toujours on assimile cette notion à l'intervalle existant entre les valeurs extrêmes des hautes lumières et des ombres, ces valeurs n'étant pas cependant maximum et minimum puisque nous savons que des détails sont exigés à la fois dans les hautes lumières et dans les ombres. Ainsi, dans le tableau ci-dessous, le contraste est défini (expression en valeurs logarithmiques) pour chacune des étapes du processus photographique.

 
=
log L hautes lumières - log L ombres
=
log H hautes lumières - log H ombres
=
D hautes lumières - D ombres
=
log H ombres - log H hautes lumières
=
D ombres - D hautes lumières
 
Tableau 1 : Définition du contraste en photographie.
 
 

Signification du contrôle du contraste

Le contrôle du contraste en photographie (résumé au tableau 2) débute à la prise de vue et se poursuit au développement du négatif de façon à obtenir pour ce dernier un contraste uniforme approprié à une seule gradation de papier déterminée à l'avance une fois pour toutes (1). C'est donc au négatif de s'adapter à la gradation choisie par le photographe ! Un raisonnement assez inhabituel pour les novices effectuant leurs premiers tirages, mais qui s'impose généralement dès que ceux-ci recherchent une qualité continue de leurs produits.

 
A la prise de vue
 
– Mesure du contraste du sujet.
– Correction éventuelle de l'exposition.
– Si possible, uniformisation du contraste du sujet par correction ou sélection.
 

Au développement
du négatif


 
– Maîtrise totale du contraste du négatif par choix judicieux du CCD.
 
Au tirage
 
– En fonction du choix du système d'éclairage de l'agrandisseur, modification éventuelle du contraste de l'image du négatif.
– Action possible sur le contraste de l'épreuve suivant la qualité de surface employée.
– Equilibre de la relation : contraste de l'image du négatif / gradation du papier.
 
Tableau 2 : Signification (en quelques mots) du contrôle du contraste au cours du processus photographique noir et blanc.
 
 

Contrôle du contraste au cours des différents processus photographiques

Pour les différents processus photographiques, le tableau 3 rappelle brièvement à quel moment on peut contrôler le contraste.

 
Processus négatif-positif
noir et blanc
Processus inversible
couleur
Processus négatif-positif
couleur
Prise de vue
Prise de vue
Prise de vue
Développement du négatif
Tirage
Tirage
 
Tableau 3 : Pour les différents processus photographiques, moments où l'on peut contrôler le contraste.
 
 

Avantages du contrôle du contraste

Il n'est pas nécessaire de rappeler l'intérêt du contrôle du contraste à la prise de vue, puis au développement, celui-ci a été suffisamment mis en évidence dans ces pages techniques. Néanmoins, soulignons encore une fois le principal avantage de ce contrôle : l'utilisation d'une seule gradation de papier au tirage, pratique simplifiée apportant au tireur la garantie d'une qualité optimum et constante de ses épreuves.

En outre, les sujets à contraste extrême non corrigés à la prise de vue le sont au développement du négatif ce qui autorise pour ceux-ci des tirages corrects (chose impossible sans contrôle du contraste) avec une gradation de papier qui, certes, ne pourra pas toujours correspondre à la gradation unique choisie mais qui en sera proche.

Notons enfin un autre petit avantage du contrôle du contraste. A propos du choix du papier photographique, non préoccupé par la détermination de la gradation à employer, l'opérateur a la possibilité de se consacrer plus facilement à la recherche d'un tracé idéal pour la portion utile de la courbe caractéristique, de façon à obtenir sur l'épreuve une séparation de tons témoignant au mieux ses propres goûts. Nous avons en effet mentionné par ailleurs que pour une même gradation, la forme de la courbe caractéristique de l'émulsion positive – et corollairement, la séparation de tons exprimée par l'épreuve – peut varier d'une marque de papier à l'autre. Systématiquement donc, le photographe à la possibilité d'utiliser, non seulement une gradation unique, mais aussi une seule forme de courbe, ce qui constitue un autre élément constant bénéfique dans la personnalisation de ses travaux.

 
 
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1. Beaucoup de photographes dont le souci permanent est la reproduction fidèle de l'image du sujet (définition de la photographie) préfèrent généralement utiliser un papier « normal » ou « doux » d'une marque donnée.
 
 
Copyright © Claude Bouchot